Assise à l'extrémité de la plaine du même nom, l'agglomération de Damprichard s'est établie au pied d'un bourrelet montagneux et boisé, nommé « le Côtard ». L'altitude moyenne étant de 825 mètres, au cimetière, le point le plus élevé se trouve au Pré Maillot ( 1028 m) et le point le plus bas à « la Chaux »(790m).

Cadastre

Le premier a été établi en 1810. La superficie du territoire communal est de 2159 ha, dont 461 ha en forêts.

Hameaux

Bois en barre, Chaboudot, Derrière la Chaux, Chaux des Mottes, Combe Bourgeois, Combe derrière, Combe Jean Vienot, le Creux, le Crotot, Derrière-le-Prélot, Derrière-la-Seignotte, les Essarts, les Fosses, Gigot, la Montay, le Pavillon, le Pré du Ban, le Prélot, Pré Maillot, Rangevillers, la Ratelotte, Roichenod, la Seigne Bernard, les Seignes, la Seignotte.

Toponymie

Fontaine Dan Richet (1361), Damprichard (1631), Damprichard (1759).

HISTOIRE

Situation Administrative

Ancien Régime : Subdélégation de Baume-les-Dames. Révolution : District de Saint Hippolyte. XIXème-XXème siècles : Arrondissement de Saint Hippolyte jusqu' en 1816, puis de Montbéliard, canton de Maîche.

Le territoire où devait se constituer la communauté de Damprichard ne portait pas encore ce nom au seuil du XIVème siècle : comme tout le reste de la Franche-Montagne, il faisait partie du domaine des comtés de La Roche, dont le chef –lieu était Saint Hippolyte et ce jusqu' en 1789.

La première appellation de ce qui devait devenir Damprichard était « Fontaine Dan Richet » et le territoire de « la Communauté de Damprichard et La Seignotte » allait jusqu aux bas des côtes du Doubs en contrebas du Vaudey et de Rangevillers, englobant le Refrain-dessous et « La Charbonnière » et toute l'eau de la rivière. Lors de la guerre des Deux-Bourgognes, à la fin du règne de Charles « le hardi » toute le Franche-Montagne fut envahie par les troupes du prince-évêque de Bâle.

Au rassemblement des Francs-Montagnards bourguignons réunis, le 25 novembre 1475, au château du prince-évêque à Chauvilliers, en vue de prêter serment de fidélité à l'évêque de Bâle, il y avait 30 députés de Damprichard : c'était la plus forte proportion des présents qui étaient au nombre de 191; ce chiffre dit assez éloquemment l'importance prise en cette fin du XVème siècle par la « communauté de Damprichard et la Seignotte » .A cette époque, une famille Richard était fortement installée sur ce coin de la Franche Montagne, dans la seigneurie de Trévillers.
En 1493, le curé de Trévillers s'appelait d'ailleurs Jean Richard : il devait mourir là en 1506. Serait-ce de cette fin du XVème que daterait l'appellation Dam Richard, on ne le saurait dire exactement.

Economie Société

Damprichard est très fière de son dynamisme industriel et de son activité agricole et commerciale. Le développement économique de Damprichard est dû surtout à l'implantation de l'horlogerie sur le plateau de Maîche. Dans cette partie du Haut Doubs, que l'on ne nommait pas encore « horloger », il y avait depuis cent ans au moins, de véritables horlogers, c'est-à-dire des fabricants d'horloges que l'on appelait « comtoises » pour les différencier des « neuchâteloises » produites sur la rive droite du doubs. Dès avant la révolution, certains horlogers travaillant « sur la fenêtre » s'étaient déjà spécialisés dans la montre, mais sur les « côtes du Doubs » entre « La Rasse de Blancheroche et le Theusseret », grâce à la force motrice procurée par l'eau de la rivière actionnant les moulins avant que le remembrement sous la Restauration (1822) ne détache ces terrains des bords du Doubs pour les réunir à la commune de Charquemont. En 1833, alors que les petits ateliers familiaux d'horlogerie du plateau de Maîche étaient soucieux de sortir de la montre d'excellente qualité, « Outre Doubs »existait une fabrique en pleine prospérité où les ouvriers, mieux équipés, travaillaient de manière plus expéditive, donc à des prix de revient plus concurrentiels. Pour protéger les ouvriers français qui, eux, mettaient sur le marché des montres de meilleure qualité mais à un prix plus élevé, le gouvernement de la Monarchie de Juillet avait mis sur pied des brigades de douaniers chargés de réprimer la contrebande qui s'opérait alors sur une vaste échelle par les points de passage de la frontière franco-suisse les plus difficiles à surveiller, ce qui était précisément le cas entre le Refrain et Les Essarts-Cuenot. Les « Loups de la Seignotte » baptisés ainsi en souvenir des « Gabelous » contrôleurs du sel au moment de la gabelle et parce qu'ils étaient stationnés à La Seignotte, étaient donc chargés de traquer les contrebandiers qui importaient ces montres suisses, lesquelles mettaient en péril l'industrie horlogère comtoise au bord de la faillite. La brigade des douaniers fût ensuite transférée à Damprichard ce qui provoqua le déclin de ce lieu-dit.

C'est l'année 1844 qui marqua le grand départ pour Dam Prichard de l'industrie horlogère : une fabrique de boîtes de montres en maillechort employait 40 ouvriers et fournissait annuellement, sur le marché de Besançon ou en Suisse des produits dont la valeur totale était estimée à 15 000 F. En 1848, Marcel Bourgeois (1806-1878), neveu du général Farine, ouvrait un atelier de boîtes à « La Combe Bourgeois » dans la ferme paternelle d'où l'on sortait des boites en argent. En 1878 les deux fils de Marcel Bourgeois, Césaire et Jules, venaient bâtir au village où le premier fabriquait des assortiments (cylindres et roues) tandis que le second fabriquait des boîtes en cuivre et en nickel.

En ce temps là, on travaillait « à l'usine » ou bien «  à la ferme » : en été le tiers des habitants faisait de l'horlogerie mais l'hiver c'est la moitié de la population qui y travaillait. Les produits étaient en grande partie expédiés en Suisse, le reste à Besançon. En l'année 1883, sans compter les ouvriers travaillant à domicile, on dénombrait à Damprichard trois ateliers d'horlogerie et dix ateliers de monteurs de boîtes fournissant du travail à 64 ouvriers.

Durant la seconde moitié du XIXème siècle et notamment à partir de 1886, la localité avait connu une baisse sensible de sa population; Charquemont était même passée en tête dès 1835 avant de se faire dépasser en 1875 par le chef-lieu de canton.

Mais un événement avait amorcé la remontée démographique de Damprichard : l'arrivée du courant électrique, fourni par l'Usine suisse des forces motrices de la Goule, le 26 décembre 1895. Ce jour-là, dans l'atelier de la veuve de Jules Bourgeois, établissement fabriquant des boîtes de montres et qui jusque-là fonctionnait à la vapeur, le premier moteur électrique s'actionna et brillèrent les premières ampoules. C'est cet événement historique qui devait marquer le début de l'électrification des communes du Haut-Doubs horloger.

Damprichard est un bourg à vocation surtout industrielle et horlogère. Une fois passée la crise des années 20, l'activité avait repris et, en dépit de la guerre 39-45, la population s'était accrue constamment et considérablement, jusqu'à dépasser les 2000 habitants.

Dans les derniers jours de la guerre 39-40, la région de Damprichard devint théâtre d'opérations. Dès le mardi 18 juin, le village recevait les premiers obus allemands, mais c'est durant toute la journée du 19 juin que les affrontements furent les plus chauds : Polonais du général Prugard-Kelting et Spahis algériens résistèrent jusqu'en fin d'après-midi dans la plaine de Damprichard. Le nombre impressionnant de soldats polonais dont les noms sont gravés dans le marbre du monument érigé, dans le cimetière de Damprichard, à la gloire de ces héroïques combattants, est suffisamment éloquent pour évoquer l'âpreté des combats de juin 1940. Dès 1943, la Résistance s'était organisée sous l'égide du groupe « Doubs-Nord » et sous le commandement du directeur d'école, Jean Bassignot, alias « capitaine Lescaut ». Le 16 juillet suivant, Robert Stortz était tué, Paul Langoni et Marc Panizza arrêtés et déportés. Dans la soirée du mardi 5 septembre 1944, Damprichard était enfin libérée par les tirailleurs algériens, premiers éléments de la 3ème D.I.A que commandait le général de Montsabert.

Grâce au dynamisme des responsables de ses entreprises, au cours du XXème siècle, Damprichard, petite cité montagnarde de 2000 âmes réussissait à donner du travail à près de 1000 salariés dont un bon nombre arrivait de l'extérieur. Certes le pays a subi les contrecoups au début des années 80 de la très dure crise économique que chacun connaît (notamment à cette époque la SBBM qui avait été au temps de sa splendeur la plus importante fabrique française de boîtiers de montres) et le recul, apparu à l'occasion du recensement de 1982, accuse la sévérité de la seconde crise horlogère.
D
epuis l'industrie locale s'est adaptée et l'on trouve actuellement des industries spécialisées toujours dans la montre, mais aussi dans les produits de luxe, les produits pour l'automobile et les produits pour la machine outil, l'outillage et l'électronique ou informatique.

Le passé horloger du gros bourg qu'est devenu Damprichard ne doit pas faire perdre de vue sa vocation agricole et forestière, qui est également très importante. Dominé au sud-est par « Le Côtard », le territoire de la commune est exposé à la bise du nord et aux vents pluvieux de l'ouest. Les pluies sont abondantes, les étés chauds et orageux, les hivers longs et froids; il gèle parfois tous les mois de l'année à « Chaboudot  ». En 1844, 210 propriétaires exploitaient des propriétés d'environ 10 ha dont 80% de prairies et 20% de forêts; puis plus tard , dans les années 30 où on comptait environ 80 exploitants .Les trois fromageries qui fonctionnaient naguère disent assez l'importance de l'élevage du bétail à Damprichard. De nos jours on ne compte plus que 29 exploitations, la plupart supérieures à 50 ha.
Deux scieries fonctionnaient en 1852 puis 5 en 1950. Aujourd‘hui cette activité est toujours présente sur le territoire de la commune.

Histoire religieuse

La construction de la première église au centre de la localité de Damprichard fut autorisée par l'archevêché de Besançon au printemps de l'année 1505. Dédiée à Sainte Marie-Madeleine, celle-ci fût certainement construite par les habitants eux-mêmes. Puis après avoir été détruite lors du passage des « Suédois » lors de la guerre de Trente Ans, elle est plusieurs fois restaurée. Le 6 juin
1742 à 10 heures du matin, on commence à démolir l'ancienne église Sainte Marie-Madeleine en vue de bâtir la « neuve église » actuelle sur l'emplacement de l'ancienne qui était devenue trop petite et menaçait ruine. Tous les habitants, du plus grand au plus petit, mettent la main à la tâche; on s'en va quérir des pierres à La Seignotte, à Rangevillers, à La Montay, à Urtière et jusqu'au Cernier d'Ambray. La construction de l'édifice dure trois ans. C'est cette église de 1742, agrandie en 1862, réparée en 1960 puis entièrement rénovée intérieurement et extérieurement au début des années 1980, qui dresse son clocher caractéristique au centre de l'agglomération. Elle possède plusieurs objets en bois sculpté (classés à l'inventaire des monuments historiques) : les retables des deux autels latéraux, le retable polychrome des fonts baptismaux, la remarquable chaire à prêcher ainsi que le cadre qui entoure la descente de croix du fond du cœur. Les trois cloches d'avant 1789, furent remplacées plusieurs fois et en 1869 on installa les quatre cloches actuelles. Les orgues en fonction dans le bâtiment datent de 1875 et ont été restaurées plusieurs fois dont la dernière en 2001/2002 à l'initiative de l'association des Amis des Orgues du Plateau de Maîche.




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